Les entreprises de l’Ouest-de-l’île sont-elles vertes ?

December 29, 2018

 

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est la dernière expression à la mode dans les sphères de la haute direction et des investisseurs. Alors que les gouvernements commencent à exiger des entreprises qu’elles publient des rapports sur leurs impacts environnementaux et sociaux, comme c’est le cas au Royaume-Uni (https://www.theguardian.com/sustainable-business/eu-reform-listed-companies-report-environmental-social-impact), les conseils d’administration et les chefs d’entreprises tendent à mettre l’accent sur l’importance de la RSE. Bien que les critiques soutiennent que cela peut être un écran de fumée pour plaire aux actionnaires, il n’en demeure pas moins que les grandes entreprises multinationales s’impliquent à long terme dans la responsabilité sociale des entreprises.

 

            Unilever a été reconnue comme l’un des meilleurs exemples à suivre en termes de pratiques commerciales durables. En 2008, ils ont lancé une initiative de réduction de leur empreinte environnementale pour l’ensemble de leur entreprise. Depuis lors, ils ont réduit leurs frais généraux d’environ 600 millions d’euros en rationalisant leurs méthodes de production et en réduisant les déchets dans l’ensemble de leurs activités de fabrication et d’entreprise (https://www.unilever.com/sustainable-living/the-sustainable-living-plan/reducing-environmental-impact/).

 

            Le programme Ecomagination de General Electric (GE) en 2015 a fait état des avantages environnementaux, sociaux et financiers mesurables générés par les initiatives mises en place au cours des 10 dernières années. GE a généré des revenus de plus de 232 milliards de dollars grâce à un investissement de 17 milliards de dollars dans la recherche et le développement. GE a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 12 % et sa consommation d’eau douce de 17 %. Avec ces pourcentages, GE est en voie d’atteindre son objectif de réduction des émissions de GES et de consommation d’eau de 20 % pour 2020 (http://www.ge.com/about-us/ecomagination).

 

            Avec les nouvelles normes en matière de pratiques commerciales durables qui génèrent une croissance favorable et un haut taux rendement, la question demeure : pourquoi y a-t-il encore tant d’entreprises à la traîne en matière d’investissement dans la RSE et les initiatives environnementales ?

 

            Beaucoup d’entreprises supposent que le virage vert coûte cher et n’est accessible qu’aux grandes organisations. Malgré cette présomption, les petites et moyennes entreprises (PME) ont en fait le plus grand avantage concurrentiel lorsqu’il s’agit de prendre le virage vert, selon les rapports du gouvernement du Canada. Les bienfaits d’une réduction de l’empreinte environnementale d’une entreprise peuvent aussi attirer et retenir de nouveaux employés, réduire les coûts et les risques d’exploitation, améliorer la fidélité à la marque tout en donnant accès à diverses possibilités de financement. Par exemple, certaines des grandes banques canadiennes ont commencé à analyser les antécédents des entreprises en matière d’environnement comme critère pour l’octroi de nouveaux prêts. (https://www.ic.gc.ca/eic/site/csr-rse.nsf/fra/h_rs00174.html#analyse).

Avec plus d’un million de PME au Canada, dont 97,9 % sont de petites entreprises, des changements mineurs dans l’ensemble des industries peuvent avoir un grand impact (http://www.ic.gc.ca/eic/site/061.nsf/fra/h_03018.html#point1-1).

 

           Je crois fermement que les PME peuvent générer les plus grands impacts environnementaux et sociaux en mettant en œuvre la RSE et les pratiques environnementales. Un virage vers des pratiques commerciales responsables peut donner aux PME un avantage concurrentiel sur les grandes entreprises tout en ayant un impact positif à la fois sur l’environnement et sur les communautés locales.

 

           

Pour explorer plus profondément ce sujet, j’ai contacté les petites et moyennes entreprises de ma région. J’ai cherché à observer quelles entreprises ont une stratégie de RSE au sein de leur organisation. J’ai émis l’hypothèse que la plupart des entreprises du sud de l’Ouest-de- l’Île auraient une stratégie de RSE en place et seraient prêtes à partager leurs histoires de réussite. Inversement, j’étais consciente que certaines entreprises ne seraient pas au fait du succès généré par les pratiques commerciales durables.

 

            Le sud de l’Ouest-de- l’Île de Montréal est principalement une zone résidentielle à faible densité avec de petits ensembles d’immeubles de bureaux et de parcs industriels situés entre les arrondissements et les quartiers de banlieue. Les entreprises y opèrent à proximité des lieux de résidence, d’espaces naturels et du fleuve Saint-Laurent, au sud. J’ai supposé que les entreprises mettraient le principe de précaution en application et qu’elles prendraient grand soin de s’assurer de fonctionner avec une empreinte environnementale réduite.

 

            J’ai ciblé 85 entreprises de tous les secteurs dans les sept arrondissements du sud : Dorval, Pointe-Claire, Beaconsfield, Kirkland, Baie D’Urfé, Sainte-Anne-de-Bellevue et Senneville. J’ai transmis à chaque entreprise un court sondage qui visait à mieux comprendre comment leur organisation abordait les politiques et les pratiques environnementales, ainsi que les programmes de recyclage et diverses autres initiatives environnementales et sociales.

 

            En plus du sondage en ligne, j’ai personnellement téléphoné à chaque entreprise pour discuter plus en détail du projet dans l’espoir d’obtenir davantage de données. En utilisant ces deux méthodes, j’ai recueilli les réponses de sept entreprises, seulement six desquelles déclaraient posséder un programme environnemental. En plus de ces réponses, huit des 85 organisations contactées avaient un rapport environnemental disponible sur leur site Web. Les données extraites du sondage étaient informatives et conformes aux attentes du chercheur (figure 1).

 

Figure 1

 

            Les résultats du sondage se sont révélés contraires à mes prédictions, une majorité des entreprises du sud de l’Ouest-de- l’Île ne sont pas au fait des notions de responsabilité sociale des entreprises et des avantages des pratiques commerciales durables. Bien que 86 % des répondants aient indiqué que leur organisation possède un programme environnemental complet, un grand pourcentage d’entre elles n’éteignent pas les lumières, les ordinateurs et la machinerie pour la nuit. Un nombre remarquablement faible de répondants ont indiqué participer à des organismes locaux de bienfaisance communautaire, tandis que 100 % des répondants ont indiqué que leur entreprise participe activement à un programme de recyclage.

 

            Il n’en demeure pas moins qu’il ne suffirait que de changements simples et mineurs au statu quo pour atteindre des pratiques commerciales respectueuses de l’environnement. Les changements apportés peuvent améliorer l’efficacité globale et réduire le gaspillage, la consommation d’énergie et les coûts. Un changement de politique peut donner à votre organisation une longueur d’avance en vous permettant de rationaliser les opérations, d’améliorer la production et de réduire les émissions tout en économisant de l’argent.  « Il n’y a pas de compromis à faire entre durabilité et croissance rentable. »

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